Pracandhasenamukha - La Confraternité

Espace initialement dédié à la communication publique avec la Pracandhasenamukha en charge du relationnel avec les visiteurs du site Internet de l'Archimagistère et ses médias de publications

Vous n'êtes pas identifié(e).

Annonce

Ce forum n'est plus ouvert en écriture et n'est désormais plus administré. Si vous souhaitez y intervenir, veuillez vous rendre à l'adresse du site qui héberge sa nouvelle version, pour vous y inscrire si ce n'est déjà fait:

https://pracandha.org

Ce forum-ci reste disponible en lecture seule pour références et en tant qu'archives.
Merci de votre compréhension.

#1 06-03-2019 19:34:37

sykoru
Inscrits PISE

Fuite

Ecrit en 2006.
Je sors en courant de deux portes battantes  Je suis accompagnée d’un homme et d’un enfant de 3ans.
Nous débouchons dans un grand hall d’accueil, comme dans les galeries marchandes, c’est clair, c’est lumineux, il y a des grandes baies vitrées qui donnent sur l’extérieur.
Nous sommes en danger, nous venons d’en prendre conscience et donc nous nous précipitons vers l’extérieur.
Au moment de franchir les baies vitrées je m’immobilise. Une pensée s’impose à moi, cela ne sert à rien de sortir, nous serons en sécurité qu’au centre de ce système. La où tout est décidé.
Je fais volte face, déjà l’omniprésence approche. Nous nous retrouvons face à des hommes en uniforme style licra moulant gris, bleu et blanc alignés côte à côte comme des soldats mais je sais que ceux sont des scientifiques.
J’entends l’homme qui pense, il dit que je me trompe, mais moi je suis convaincue que cette fuite vers l’intérieur est notre seule chance.
Je slalome entre les scientifiques, ils sont omnibullés par l’extérieur.
Je dis à l’homme en pensée : » Ne t’inquiète pas, tant que l’on est à l’intérieur du système, ils ne détecteront pas que nous fuyons, nous ne sommes pas encore au statut «  à problème ».
Je suis convaincue de leur toute puissance et de leur omniprésence, ils captent chaque pensées, pour leur échapper il faudrait arriver à ne pas penser.
Je continue ma course effrénée, je me retrouve face à un escalier sans fin.
Je tient la fillette par la main, l’homme me talonne , je sens sa présence même si je ne le vois pas.
Je m’engage décidé dans l’escalier qui immédiatement se transforme en une pente inclinée, plastifiée, sans aucune prise possible.
Je m’accroche fermement à la rampe plastifiée noire, comme celle des Escalators, je sens la petite main de la fillette dans ma main, je la serre trop fort. Je lui dit de ne pas avoir peur alors que justement c’est mon étreinte qui lui transmet ma peur.
L’escalier tourne 4 fois dans une pente vertigineuse, je doute mais je n’ai pas le choix je ne peux que descendre, tout va trop vite.
Je suis face à un ascenseur, j’ai la peur au ventre, qu’est ce que je vais trouver au bout de la fuite, vers où je fuis, existe t il au moins une issue?
Je rentre dans l’ascenseur qui démarre instantanément à toute allure, en un éclair il me semble parcourir une grande distance. Il va aussi vite que la lumière.
Il s’arrête brutalement, les portes s’ouvrent, la fillette s’élance pour sortir, je la rattrape in extremis, les portes se sont ouvertes sur le vide. Je suis comme dans une profonde cavernes sous terre, c’est sombre, les murs sont en pierre naturelle, pas régulières, il y a des aspérités, des ressauts, on dirait l’intérieur d’une falaise. Sur ce rocher des marches en bois en quinconce descendent jusqu’où peut porter mon regard. L’homme jaillit de derrière moi et saute sur une marche, cela déclenche l’ascenseur qui redémarre à toute vitesse les portes ouvertes. Il descend vers le tréfonds de cet endroit, puis s’immobilise. Je suis toujours avec l’enfant. Je suis dans un tunnel très large, très haut, tout est immense. Je vois au loin dans ce tunnel une énorme machine on dirait une chaîne de montage que l’on utilise dans l’industrie (ce n’est pas la première fois que j’en rêve). Ça m’inspire quelque chose de froid, d’imposant, d’inhumain, de mécanique cadencés, vide d’émotion.
Je vois l’homme qui m’accompagnait sur la falaise en train de descendre les marches, mais il est très loin de moi. Cela me rassure de le savoir là.
Derrière cette chaîne de montage au loin, je vois de la lumière extérieure qui se reflète à l’entrée, mais c’est trop tard je suis repérée, je le sais, cela s’impose à moi.
Instantanément je me retrouve à l’extérieur du tunnel, sur une embarcation de fortune, comme un barque effilée en bois, elle glisse doucement, je me sens en sécurité, elle est dirigée par un homme, il est venu me recueillir, il est là pour mon bien, il ne peut pas intervenir dans mes choix mais ils se doit de m’accompagner. Il m’indique d’un geste une direction vers où regarder.
Je vois une voie ferrée sans début ni fin, dessus un wagon métallique à plateau, je vois une scène dans le détail alors qu’elle se passe très loin.
Il y a sur ce wagon, une jolie jeune fille, svelte, au long cheveux brun légèrement ondulé, elle porte un robe de soirée rose qui descend jusqu’au cheville, et qui laisse une épaule dénudée. Un homme est à côté d’elle, il essaie de la raisonner. Elle veut fuir, elle veut tellement fuir qu’elle se met à se consumer, elle a mal, elle brûle mais cela lui est égal, elle est décidée, elle pense qu’elle a trouvé la solution pour s’enfuir. Elle tombe sur les rails, ses yeux sont ouverts, elle croit avoir réussi.
L’homme se détourne, dépité, il ne peut plus rien pour elle, il a échoué
Je me dis que c’est la solution pour quitter ce système, accepter de souffrir jusqu’au point où on ne va jamais . Je comprends que c’est très dangereux car on ne sait pas combien de temps on est capable de tenir à se consumer tout seul sans s’anéantir définitivement.
Je comprends que quand nous ne trouvons pas le chemin, nous finissons par nous consumer pensant nous libérer de nos souffrances alors que si nous nous consumons nous même totalement, nous  anéantissons notre âme  et même l’amour ne peut plus la régénérer.

Hors ligne

Pied de page des forums